Martinet noir

Apus apus - Common Swift

Martinet noir
adulte
Systématique
  • Ordre
    :

    Apodiformes

  • Famille
    :

    Apodidés

  • Genre
    :

    Apus

  • Espèce
    :

    apus

Descripteur

Linnaeus, 1758

Biométrie
  • Taille
    : 17 cm
  • Envergure
    : 42 à 48 cm.
  • Poids
    : 38 à 45 g
Longévité

21 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

Les Apodidés sont des oiseaux de taille petite à moyenne (9 à 25 cm de longueur) présent sur tous les continents, excepté l'Antarctique. La famille compte une centaine d'espèces. Ce ne sont pas des passereaux, malgré leur ressemblance avec les hirondelles. Ils sont proches systématiquement ... lire la suite

Description identification

Le Martinet noir est reconnaissable en vol à sa silhouette, son allure et son plumage sombre. L'oiseau montre une grosse tête avec un cou engoncé, de longues ailes en faux et une queue effilée. La grande taille (envergure d'environ 45 cm) n'est pas toujours perceptible sur le terrain du fait de la finesse de la silhouette. Les ailes sont caractérisées par une main très longue et pointue, la seconde primaire P2 (P9 pour les anglais) étant la plus longue. La queue compte 12 rectrices alors que chez tous les autres martinets, le nombre est de 10.
Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Le plumage de l'adulte est globalement noir de suie avec la gorge plus claire. De près à très bonne lumière, le dessous du corps paraît légèrement moucheté. Les rémiges et les rectrices ont un aspect lustré qui les fait paraître plus claires en vue inférieure, surtout lorsque le sol réverbère une forte lumière.
Le juvénile a un plumage plus sombre encore, avec une gorge blanche plus contrastante et des liserés clairs, spécialement apparents à la tête, qui prend un aspect givré, et à l'avant de l'aile.
Deux sous-espèces sont décrites, la sous-espèce orientale "pekinensis" a un plumage plus contrasté et une gorge plus claire, mais la différence est faible.
Le Martinet noir pourrait être confondu avec une hirondelle du fait de ses longues ailes en faux et de sa queue fourchue, mais aucune hirondelle n'est aussi grande que lui, ne vole de la même façon et, au moins en Europe, n'a les parties inférieures noires. Les ailes en faux sont une adaptation aux déplacements aériens rapides, développée par les deux groupes, systématiquement très éloignés, et constituant ce qu'on nomme une convergence morphologique, entraînant une ressemblance superficielle.
Au sud de son aire de reproduction, il peut surtout être confondu avec une espèce proche, le Martinet pâle, dont le plumage est un peu plus clair, plus brun, avec la gorge plus pâle, mais la différence peut se révéler subtile à mauvaise lumière. Ne parlons pas de l'Afrique sub-saharienne qui cumule une dizaine d'espèces de martinets entièrement sombres.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Apus apus apus (w Europe and n Africa to c Siberia)
  • Apus apus pekinensis (n Iran to n China and Mongolia)

Noms étrangers

  • Common Swift,
  • Vencejo Común,
  • Andorinhão-preto-europeu,
  • Mauersegler,
  • Sarlósfecske,
  • Gierzwaluw,
  • Rondone eurasiatico,
  • Tornseglare,
  • Tårnseiler,
  • dážďovník obyčajný,
  • rorýs obecný,
  • Mursejler,
  • tervapääsky,
  • Europese Windswael,
  • falciot negre,
  • Múrsvölungur,
  • jerzyk (zwyczajny),
  • svīre,
  • hudournik,
  • Чёрный стриж,
  • ヨーロッパアマツバメ,
  • 雨燕,
  • 樓燕,

Voix chant et cris

Le cri du Martinet noir est un sifflement en trille strident de tonalité élevée. L'oiseau n'en est pas avare, en particulier lors des poursuites aériennes typiques de l'espèce. Il l'émet également au nid, particulièrement lorsqu'une troupe bruyante passe à proximité. Il n'y a pas de chant à proprement parler. Les jeunes au nid émettent un petit grésillement de quémande, typique lui aussi.

Habitat

L'habitat de reproduction, le seul qu'on puisse définir précisément, est un habitat de type rupestre. À l'origine probablement liée aux milieux rupestres naturels, falaises, porches de grottes, etc., accessoirement aux trous d'arbres, l'espèce s'est adaptée aux constructions humaines au point d'avoir délaissé complètement ou presque son habitat originel. Le Martinet noir est devenu un oiseau urbain nichant essentiellement sous les toits des vieux édifices ou dans des anfractuosités de diverses structures ou constructions, bâtiment industriel, silo, cheminée, pont ou viaduc, etc.. Il niche jusqu'au cœur des villes, la puissance de son vol lui permettant d'aller chercher sa nourriture jusqu'à une grande distance du nid.

Comportement traits de caractère

Martinet noir
adulte

Le Martinet noir, comme tous ses congénères, est très bien adapté au milieu aérien qu'il exploite avec habileté. Ses performances de vol sont extraordinaires comme on le verra plus loin.
C'est un grand migrateur dont l'aire d'hivernage est très distanciée de l'aire de reproduction, d'où de longues migrations. En climat tempéré, le retour des premiers migrateurs a lieu vers la mi-avril et se poursuit jusqu'en mai. En revanche, le départ en fin d'été est brutal et massif. Dès la fin juillet, une fois les jeunes envolés, la grande majorité des martinets nous quittent. Quelques rares retardataires peuvent encore être observés fin août ou en septembre, probablement des oiseaux occupés par une nichée tardive.
La longévité du Martinet noir est supérieure à 20 ans.
Ce qu'on voit avant tout de cet oiseau en milieu urbain, ce sont les poursuites rapides et bruyantes auxquelles ils s'adonnent tout au long de la belle saison autour des bâtiments. Elles ne passent pas inaperçues, tout comme les vols de reconnaissance de potentiels sites de reproduction sous les toits selon un scénario immuable. Les oiseaux arrivent d'un vol ascendant sous le rebord d'un toit, font mine de se poser ou se posent très brièvement tout en inspectant les lieux, repartent pour revenir aussitôt. Leur manège peut se poursuivre en boucle pendant de longues minutes. Ce sont les immatures non nicheurs qui s'adonnent à ses activités. Ainsi, lorsqu'ils reviendront adultes l'année suivante, ils seront probablement déjà appariés, auront une connaissance parfaite des lieux et sauront en particulier où nicher.
Autant il est à l'aise au vol, autant il est gauche une fois posé. Si un martinet vient à se retrouver accidentellement à terre, par exemple après avoir percuté un fil aérien, il lui est très difficile de reprendre son vol. Ses pattes très petites et ses ailes très grandes le gênent pour prendre son essor. Il y arrive sur sol nu s'il n'est pas handicapé, mais dans la végétation, cela lui est impossible. Il faut alors le prendre en main et le lancer en l'air pour qu'il puisse s'envoler. Je l'ai fait souvent sans problème avec des martinets tombés dans mon grenier ou dans ma cheminée désaffectée que j'ai fini par obturer.
La capacité de vol des martinets leur permet de se soustraire à des conditions climatiques ou météorologiques défavorables. Ils peuvent ainsi contourner une dépression très pluvieuse ou une zone de grain afin de garder la capacité de se nourrir. Sur les lieux de reproduction, en cas de mauvais temps prolongé, ils sont capables d'entrer en léthargie au nid pendant plusieurs jours en jeûnant. Leur température baisse et ils vivent en économie d'énergie jusqu'au retour de conditions favorables. C'est le seul groupe d'oiseaux à pratiquer cette forme d'"hibernation".
Autre capacité extraordinaire de cet oiseau, sa faculté de "dormir" en vol sans avoir à se poser. On peut observer facilement soi-même le début du phénomène au soir des belles journées d'été. On voit les bandes bruyantes de martinets s'élever progressivement dans le ciel à la tombée de la nuit jusqu'à les perdre de vue et de l'oreille. Les études, grâce au radar entre autre, ont montré que ces oiseaux restaient à haute altitude, jusqu'à 2 000 m, toute la nuit et redescendaient le matin. On pense qu'ils doivent "dormir" en planant dans les courants d'air chaud ascendants.
Le vol : Le vol du Martinet noir, comme celui de la plupart des martinets, est un vol direct et rapide, dû aux battements peu amples mais rapides et énergiques de ses longues ailes en faux. Ce vol est entrecoupé de glissades planées fréquentes. Le vol ne rappelle en rien celui d'une hirondelle. La fréquence des battements est si forte et leur amplitude si faible qu'on a l'impression que les ailes vibrent. On pourrait aussi croire, du fait de leur morphologie et de leur façon de battre, qu'elles battent en alternance et non de façon synchrone.
En vol de croisière, la vitesse est de 50 à 60 km/h, mais l'oiseau est capable d'accélérations rapides et de vitesses supérieures à 100 km/h. Lors des poursuites effrénées, fréquentes chez cette espèce, on a même parlé de vitesses approchant les 200 km/h mais sur un court laps de temps. À l'inverse, le martinet est capable de freinages brutaux très efficaces, par exemple quand il arrive au nid à grande vitesse. On a l'impression qu'il va se fracasser contre la façade, mais au dernier moment il effectue une ressource tout en freinant de toutes ses plumes.
Les martinets pratiquent aussi beaucoup le vol plané qui leur permet de substantielles économies d'énergie.
Enfin, on ne peut terminer ce chapitre sans parler du vol permanent des martinets. Ces oiseaux sont physiologiquement et énergétiquement taillés pour rester en vol sans se poser pendant de très longues périodes, plusieurs mois par exemple. Ainsi, un Martinet noir adulte peut théoriquement rester en vol permanent du mois d'août d'une année à avril de l'année suivante, soit d'une période de reproduction à l'autre, ce qui est simplement phénoménal. Le repos nécessaire serait pris lors de vols planés en altitude la nuit.

Alimentation mode et régime

Le Martinet noir se nourrit de ce qu'on a l'habitude de nommer le plancton aérien. De même que les eaux contiennent des organismes de différentes tailles vivant dans la masse d'eau, le milieu aérien contient à la belle saison une multitude de petits animaux, surtout des insectes volants, dont certains se laissent emporter les jours de beau temps par les vents et les courants aériens jusqu'à grande hauteur. Suivant les conditions du moment, on peut voir des martinets chasser aussi bien à faible hauteur au dessus des eaux qu'à l'opposé à une grande hauteur au-dessus des montagnes. Le ciel est à eux.
Les proies ont généralement moins d'un cm de longueur. Elles se recrutent surtout parmi les diptères, les hyménoptères et les coléoptères. La bouche largement fendue du martinet est une adaptation à la capture des insectes, le bec lui-même étant tout petit. Comme la proie moyenne est de petite taille, le martinet doit chasser beaucoup pour subvenir à ses besoins et à ceux de la nichée. Lorsqu'il nourrit les jeunes, il emmagasine les proies dans son jabot en en faisant de petites balles. On a calculé que chacune d'elle peut contenir jusqu'à 1 000 proies et que la récolte journalière d'un oiseau pouvait atteindre 20 000 items.
Pour boire lorsqu'il fait très chaud, l'oiseau en vol effleure du bec la surface de l'eau. En temps ordinaire, il doit se contenter de l'hémolymphe de ses proies et probablement des gouttes de pluie.

Reproduction nidification

Martinet noir
adulte

Le Martinet noir est monogame. Sauf accident, les couples sont unis peut-être pour la vie comme le suggère l'observation d'un couple occupant le même nid pendant 10 années successives.
La nidification est cavernicole et rupestre. Le nid du Martinet noir est construit dans un espace confiné que l'oiseau doit pouvoir atteindre en vol. Le plus souvent, c'est sur le haut du mur supportant le toit d'un bâtiment. Il lui suffit d'une ouverture de 3-4 cm dans laquelle il puisse se glisser pour accéder à cet espace. Il peut ensuite, s'il le faut, ramper jusqu'à l'emplacement du nid en s'aidant de ses courtes pattes.
Le nid est fait de tout élément léger que l'oiseau peut récolter en vol sans se poser, plumes, herbes emportées par le vent, fils d'araignée, bout de papier,... Les matériaux sont disposés en coupe aplatie à même le substrat et collés à la salive.
La ponte est de 1 à 4 œufs, en moyenne 2 ou 3, blancs et oblongs. L'incubation, assurée par les deux adultes, dure environ une vingtaine de jours. Le séjour des jeunes au nid est d'un peu plus de 40 jours. Leur vitesse de croissance est liée à la quantité de nourriture apportée par les parents, elle-même très dépendante des conditions météorologiques. En cas de pénurie alimentaire, ils vivent au ralenti jusqu'au retour de conditions favorables.
L'envol ne se produit qu'une fois acquise la capacité de voler et de se nourrir seul. En effet, à partir de ce moment, les jeunes ne pourront plus compter que sur eux-mêmes.

Distribution

Le Martinet noir est une espèce eurasiatique, présente de la façade atlantique, Îles Britanniques et Irlande incluses, jusqu'à l'est de la Mongolie, le nord-est de la Chine et la Sibérie orientale. L'aire atteint la côte pacifique en Mer de Chine à hauteur de Pékin. Au nord, elle dépasse le cercle polaire et atteint Tromsö et Mourmansk, mais l'espèce s'aventure peu dans le nord de la Sibérie. La limite sud passe par le Maghreb, le Moyen-Orient, l'Iran et le Pakistan.
La sous-espèce type "apus" occupe l'Europe, le nord de l'Afrique, et s'avance à l'est jusqu'au lac Baïkal. Au sud-est, à partir de l'Iran et jusqu'en Mongolie et au nord de la Chine se trouve la sous-espèce "pekinensis".
L'aire d'hivernage est totalement disjointe. Elle se trouve en Afrique, essentiellement au sud de l'Équateur, y compris pour les oiseaux asiatiques.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Le Martinet noir est un oiseau commun qui n'est pas menacé pour le moment, même si des déclins localisés ont pu être notés. La principale menace pour les oiseaux reproducteurs est la raréfaction des sites de nids potentiels. En effet, la rénovation des bâtiments (façades et toitures) est une préoccupation constante en milieu urbain et malheureusement, elle prive le plus souvent les martinets de la possibilité de nicher. En général, les oiseaux ne sont pas pris en compte à leur avantage dans les projets de rénovation. On cherche plutôt à interdire l'accès des bâtiments aux gêneurs tels les pigeons ou les choucas, et ce faisant, on en prive d'autres, comme l'Effraie des clochers, de la possibilité de nicher.
Pour les martinets, on ne se pose même pas la question. Mais à titre personnel, quand j'ai fait refaire mes façades, j'ai demandé à l'entrepreneur de laisser des trous sous les toits pour que les martinets puissent accéder à leurs nids. Il m'a regardé avec de gros yeux. Visiblement, c'était une première pour lui.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Martinet noirFiche créée le 07/02/2018 par Jean François © 1996-2018 Oiseaux.net